Un jour, une histoire…
Je vous invite au VOYAGE! J'ouvre mes archives de photos professionnelles. 80 pays photographiés en 30 ans. Une photo et une histoire par post. Un objectif : raconter la beauté du monde. Vous me suivez?
31.7659° N, 35.5984° E Sweimah, mer Morte
La « Terre promise », depuis les rives jordaniennes de la mer morte, apparait comme une vaste arnaque. La shère du soleil couchant répand sa lave orange sur la Mer de Sel, soulignant en contre-jour, les gratte-ciel de Jerusalem-Est. Symboles de la course effrénée à l’occupation qui agite la capitale d’Israël, 20.000 de ces buildings s’élèveront dans le ciel de la ville d’ici à 2025.
280 millions de USD$ investis.
Israel a commencé l’occupation de Jerusalem-Est durant la guerre des « Six Jours » en 1967. Elle a annexé la ville entière en 1980, sans que la communauté internationale n’en fasse état. En ces lieux, on se retrouve au cœur du chaudron israëlo-palestinien. Jordanie, Cisjordanie, Transjordanie… Les noms changent au cours de l’histoire, mais la réalité est là : il y a une continuité culturelle, voire familiale de part et d’autre de la frontière, et une densité très particulière de l’atmosphère…
Côté Jordanie, je viens de caresser la douceur du grès rose de Petra, de m’immerger dans les ocres du désert du Wadi Rum, de goûter le sel immaculé des eaux de la Mer Morte. Je pense aux Jordaniens, fiers héritiers de cette terre d’histoire aux paysages tourmentés par l’eau et le vent. Au pied du Mont Nebo, site mythique de la mort de Moïse, je domine la vallée du Jourdain et la ‘Yam Hamelah’ ou Mer de Sel. Je contemple la Terre Promise et la Cité universelle qui déchaîne tant de passions, à 30km.
La frontière « virtuelle » entre Israël et Jordanie est là, juste au milieu de ce lac rose gigantesque, alimenté par le fleuve Jourdain. Ai-je écrit « Virtuelle »? Erreur. L’Ego de l’Homme est ainsi fait que même les lacs de frontière doivent être coupés en deux: la mer Morte est en effet scindée en deux bassins, séparés d’une bande de terre. Résultat? Elle a perdu un tiers de sa surface en 50 ans.
« Il faut commencer par sauver le fleuve Jourdain, il est exsangue. Aujourd’hui, l’apôtre Jean aurait tout juste de quoi y baptiser Jesus. »
Mer morte, euphémisme
Pour remédier à la lente disparition de ce trésor naturel unique, réputé pour ses bienfaits sur la peau et certaines maladies, un projet de réhabilitation est en cours. Il faut commencer par sauver le fleuve Jourdain, il est exsangue. L’apôtre Jean pourrait tout juste encore y baptiser Jesus. Les paysans, par contre, n’ont plus de quoi irriguer leurs cultures. Au nord, à la frontière avec le Liban, le fleuve sacré est encore bleu, entouré de papyrus et de tamariniers… Au sud, quand il finit sa course dans la mer Morte après 251 kilomètres de course entre les guerres politiques et l’avidité de l’Homme, il n’est plus qu’un maigre ruisseau. Un désastre. « Comme les rois mages, en Galilée, suivaient l’étoile, l’étoile du berger…. ». FIN.
